Manager une collaboration entre blogueuses

Post écrit par françoise Bourgouin

Tu blogues. Tu es freelance. Tu as galéré plus que plus. Tu adores ton job et là ca y est : le graal est à porté de main. Tu commences à vivre de ton activité. Tes produits et tes services sont reconnus et ça roule pour toi.

C’est vraiment formidable, tu as toutes les raisons du monde d’être fière de ta réussite.

Mais, il y a toujours un “mais”. Mais (donc) tu commences à avoir trop de demandes. Tu as fait le tri dans tes clients mais ça ne suffit pas. Tu aimerais avoir plus de temps pour toi ou pour développer un nouveau concept, qui te trotte dans la tête depuis quelques temps. Tu aimerais profiter de cette réussite et t’organiser différemment. Bref, tu veux passer à l’étape d’après : la sous traitance.

Sous-traiter une partie de ton activité à une copine freelance c’est tentant. Mais comment avoir confiance, quand on a construit son activité toute seule ? Et surtout comment manager une freelance ? Certainement pas comme un salarié lambda !

Voici quelques pistes pour t’aider à gérer cette nouvelle relation.

1 – Freelances en chiffres

Aux Etats Unis, 53 millions de personnes travaillent en freelance soit 34% de la population active. En France, nous sommes en retard, mais le freelancing attire de plus en plus. Selon l’étude Freelance 2018 Malt-Ouishare, en 2016, la France comptait 830 000 freelances, un nombre en augmentation de 126 % en dix ans.

Le freelance a fait le choix de quitter le salariat (ou de ne jamais y entrer !) Il a développé son activité seul . Il est son propre patron, et de ce fait, il ne se manage pas comme un salarié.

Je ne traiterais pas dans cet article le cas des freelances qu’on peut recruter sur des plateformes comme Malt, Upwork, Codeur.com, Rédacteur.com, Crème de la Crème, Kang ou 5euros.

Non, je m’occupe aujourd’hui du cas de la blogueuse qui veut faire un partenariat avec une copine blogueuse, graphiste ou social manager.

2 – Construire une relation

2-1 Une relation sur le long terme

Le risque de collaborer avec une collègue freelance, c’est clairement de se faire planter. Il n’y a aucune relation de subordination comme avec un salarié classique. On travaille à distance, donc c’est très facile de couper la relation, il suffit de ne plus répondre aux mails, au téléphone, à Messenger, etc … Silence radio.

Il faut donc construire une relation sur le long terme. Les missions proposées doivent lui permettre d’avoir de la visibilité sur du moyen ou long terme, pas simplement un one shot quand on a besoin, au dernier moment, pour boucler un projet.

2-2 – Une relation flexible

La freelance, par définition, est toujours à la recherche de nouvelles opportunités pour faire évoluer son job. Elle ne veut pas d’une routine plan plan. EIle cherche, elle se forme, elle progresse et son activité avec elle. Si elle a choisi ce mode de vie, c’est pour la flexibilité. La relation doit donc impérativement tenir compte de ce paramètre.

La copine blogueuse a ses propres projets et son activité à elle. La relation que tu vas construire avec, doit s’intégrer dans son développement d’activité. Il faut intégrer qu’à certains moments elle sera moins disponible pour toi.

Elle peut aussi être force de proposition sur un aspect du projet. Il faut savoir revoir ses plans si elle te propose une bonne idée.

Pour cela il est primordial de clarifier cette relation et tes attentes dans un cahier des charges .

3 – Le cahier des charges

3-1 – Pourquoi ?

Il est utile pour les 2 parties : toi et ta copine.

  • Pour toi :  il te permet de poser clairement tes attentes et tes besoins. Ca va te demander un peu de temps de mettre tout ça au clair, mais ça vaut le coup. Plus tu définiras précisément ce que tu veux de cette collaboration, moins tu risques d’être déçue.
  • Pour ta copine : avec la description précise des missions, elle peut évaluer si cela peut s’intégrer dans son activité actuelle et à venir, en terme de charge et d’intérêt pour le job confié. Elle peut également, dans le cas d’un partenariat rémunéré, établir un devis correct.

3 – 2 – On met quoi dans le cahier des charges ?

Là c’est toi qui voit. Mais je répète, plus le document sera détaillé et plus la relation sera saine, partira sur de bonnes bases et aura des chances de perdurer.

Alors on met quoi ?

  • un ou des objectifs :

attention toujours SMART les objectifs (Spécifique, Mesurable, Accessible, Réaliste, Temporel) avec des mots clés et éventuellement le type de clients concernés

  • on explique le pourquoi :

il faut absolument savoir pourquoi on fait quelque chose sinon l’intérêt bof bof… Même si pour toi c’est évident, car tu es à fond dans ton truc, il faut bien préciser tout le contexte pour la copine qui va bosser avec toi. Sinon il y a risque de malentendu.

  • deadline/ échéance :

pour chaque mission ou partie de la collaboration, tu dois être claire sur la deadline. La copine doit aussi acter qu’elle a bien intégrer cette date à son planning perso.

  • les résultats attendus

en terme de contenu, de supports, de mise en forme, de volume, etc…..

  • la collaboration doit être gagnante / gagnante,

donc il est bien de préciser ce que chacun y amène. Par exemple : l’une peut partager son expertise et son savoir faire sur les réseaux sociaux, l’autre ses qualités rédactionnelles. Personne ne doit se sentir léser dans la relation. Sinon c’est l’échec assuré.  

Libre à toi d’y ajouter tout ce qui te semble pertinent par rapport à ton besoin.

4 – La communication et le suivi

Cela peut également être un point du cahier des charges. Il est super important de se caler dès le début sur le mode de communication et la réactivité attendue. Il faut être sûr d’être sur la même longueur d’onde. Cela évite les malentendus. Par exemple, tu réponds habituellement à tes mails dans l’heure et ta copine ne les traite qu’une fois par jour. Du coup, tu vas passer ta journée à t’énerver en attendant sa réponse ! Donc on clarifie tout cela dès le début.

4 – 1 – Communication directe

Il est important de définir par quels supports on communique : mails, messenger, whatsapp, etc… Les canaux peuvent être différents en fonction du type de message .

Est-ce qu’il y a des points téléphoniques ou skype à prévoir ?

4-2 Communication indirecte

Elle concerne les outils que tu utilises pour organiser ton activité et les missions que tu demande à ta cop’s collaboratrice.

Par exemple, si tu utilises Trello pour planifier tes projets, il faut  :

  • t’assurer qu’elle maitrise l’outil
  • déterminer sur quels tableaux tu lui donnes des accès
  • expliquer ton fonctionnement et ta gestion de tes listes et tes cartes.

Même chose, pour tous les outils que tu veux utiliser en mode collaboratif.

5 – Le Feedback

Enfin, le plus important à mon avis, si tu veux construire une relation fructueuse et durable, c’est de faire un retour sur le travail livré.

Je ne te dis pas de faire des messages remplis de 💛💙💜 ou de 👍😍😍👏.Non, pas de smiley ni de “ma belle” ou de “bravo ma cocotte”.

Un vrai feedback est un retour constructif sur ce qui a été fait : ce qui va et ce qui ne va pas. Mais toujours avec un état d’esprit positif et pragmatique.

N’oublie pas que ta copine freelance a aussi son activité.

Si tu fais tout ça à ta sauce, il n’y a aucune raison que la collaboration se passe mal.

Si elle ne te donne pas satisfaction, tu pourras t’appuyer sur ton cahier des charges, de façon très factuelle, pour expliquer pourquoi tu y mets fin.

Alors, oui, c’est du boulot en amont, je vois ta mine déconfite (qui utilise encore ce mot??). Tu vas me dire que tu n’as pas le temps, que tu est déjà débordée, que c’est pour ça que tu cherches quelqu’un pour t’aider.

Mais justement, il faut toujours perdre du temps pour en gagner disait ma grand-mère ! Le temps que tu vas passer à construire cette collaboration c’est un investissement et c’est l’assurance de ne pas perdre son temps avec quelqu’un qui n’en vaut pas la peine. C’est une sécurité  pour toi et ton activité.

Alors let’s go…

Si tu as une expérience de collaboration, n’hésite pas à partager en commentaire. je serai heureuse de te lire et d’échanger avec toi!


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