Data et réalité virtuelle ou augmentée

Quand la marque sera au summum de l’adéquation projet humain et projet technologique, c’est qu’elle saura associer réalité et objectivité humaine. Un tel concept aura gagné quand il aura réussi à intégrer de la production, en passant par la commercialisation une éthique doublée d’un esprit technologique et virtuel. Il existe beaucoup de manières de faire et cela existe déjà, mais vendre à l’international reste encore un défi quand on sait à quel point c’est coûteux, contre-productif, et peu éthique. J’ai même exploré l’idée que si une marque a son nom pris dans un pays de l’autre côté de l’atlantique, par exemple, elle ne pourra vendre que sur le sol européen, est-ce un problème ou plutôt une solution que d’imaginer une telle possibilité?

Quand on réussit à allier question juridique et éthique et qu’on en fait une force de vente, je trouve que c’est l’arme de production efficace. Mais parlons réalité virtuelle, qui est une technologie informatique qui simule la présence physique d’un utilisateur dans un univers imaginaire et virtuel (qui n’existe pas du tout dans la réalité ou pas à un moment donné, ou dans un lieu donné), c’est aussi le commerce de demain. Comment associer à une dimension d’éthique sans la travestir, une dimension virtuelle et augmentée? Comment progresser tout en appliquant des valeurs d’antan presque traditionnelles. Comment dans une extrême injonction lier hier et demain sans se galvauder, et avoir une vision future en tête tout en gardant un pied dans la tradition. Est-ce que ce sera dans le jeu des matières ou bien dans le commerce qu’on gardera un esprit d’antan? Si les frontières se fermaient du côté commerciale, pourrait-on avec une simple connexion rester dans une réalité augmentée? l’esprit voyagerait!

Pour l’instant, les expériences de réalité virtuelle ou augmentée, dans la mode concerne principalement la mise en valeur des collections, le merchandising, et la promotion de la marque. Par exemple Balmain, dans sa nouvelle boutique milanaise via Montenapoleone, tout est fait pour que ses clients se croient dans un hôtel particulier parisien, Olivier Rousteing le directeur artistique a lancé une nouvelle expérience de réalité virtuelle appellée « my city of lights ». Il fait déambuler des volontaires dans son atelier, il découvre l’envers du décor, la genèse et l’exégèse de chaque collection (l’idée/les essayages/choix des tissus). C’est une expérience client totale, il a aussi lancé le casque Oculus, qu’il a customisé, c’est un peu comme le restaurant ultra violet de Paul Pairet à Shanghai qui est un modèle en la matière. La dégustation du menu gastronomique se fait alors en immersion totale, avec la découverte de sons, d’odeurs et images). On appelle cela le « commerce expérientiel » qui est aussi l’avenir du détail. On pourrait aussi comme nous invite à le faire, le groupe Inditex, tester toutes les silhouettes disponibles sur un avatar, qui nous ressemblerait plus que jamais (réalité augmentée).

Même les bureaux de style qui vendaient la data aux marques ont dû se réinventer , maintenant que tout le monde peut s’offrir l’info sur l’internet, il faut savoir innover, aussi de ce côté. C’est pourquoi maintenant Nelly Rodi traite l’info et revend cette matière brute transformée au plus offrant, c’est une manière de s’adapter. Ils ont même créer un pôle data, un département interne dédié au traitement de cette information. Cette section de recherche travaille avec google, Tagwalk, le moteur de recherche des professionnels de la mode. La technique de Nelly rodi qui devra intéresser maintenant les marques de mode, est de regarder les caractéristiques sociologiques de groupes d’individus, en observant leur parcours d’utilisation d’internet et connaître les sites qu’ils ont visité. Et ces caractéristiques de groupes donnent une idée de leur préférences/choix de consommation, ce qui confirmera ou infirmera alors des tendances attendues sur une saison. On peut aller plus loin avec des critères ciblés et si la marque sait déjà sur quelle saison elle veut que Nelly Rodi travaille, bien sûr le travail est facilité et la tâche moins ardu, le prix de la prestation aussi en dépendra. Quelques nouvelles sociétés innovantes y verront une idée en choisissant de s’immiscer dans le travail de tel critère! Il y a de l’avenir dans le ciblage de la data et la réalisation des études de marché. Celles-ci sont à remettre en question et notamment au goût du jour quand on sait que l’accessibilité est donnée à tous. Le ciblage est donc l’avenir des sociétés de demain. L’analyse et la transformation de la data fournira des résultats qui peuvent nous étonner.

Finalement l’innovation est partout, dans les études des marchés aussi, le marché du luxe, s’il sait cibler de nouvelles opportunités fera une belle percée!

Marie-Caroline Rey, Y.B paris